Bouffer (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
I.
XII e siècle, au sens de « souffler en gonflant ses joues ». Tiré d'un radical expressif * buff-, désignant le gonflement. Gonfler ou se gonfler. Sa jupe ne bouffe pas assez. Faire
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Se soutenir de soi-même et se courber en rond au lieu de s'aplatir, en parlant de certaines étoffes. "Une jupe qui bouffe. Du ruban qui bouffe."
En termes de Maçonnerie, il se dit du Plâtre qui gonfle et d'un mur qui pousse en dehors ou qui boucle.
Il se dit également du Pain, lorsqu'il enfle dans le four par l'effet de la chaleur.
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Témoigner par un certain gonflement de la face qu'on est en mauvaise humeur ; être dans une colère qui n'éclate pas. Il bouffe.
SAINT-SIMON: « Le grand écuyer [après cette sottise] se releva le nez de dessus la table, regarda toute la compagnie, toujours bouffant »
2 Se soutenir sans s'affaisser en parlant de certaines étoffes. Ce taffetas bouffe.
Par extension.
SAINT-SIMON: « Il [le duc de Bourgogne] avait des cheveux châtains si crépus et en telle quantité qu'ils bouffaient à l'excès »
3 Se gonfler, en parlant de la pâte qui ressent dans le four l'effet de la chaleur. Le pain avait déjà bouffé.
Terme de maçonnerie. Le plâtre bouffe, il gonfle. Un mur bouffe, il pousse en dehors.
Terme de jardinage. Un fruit bouffe, quand il grossit plus d'un côté que de l'autre.
4 V. a. Terme de boucherie. Souffler une bête tuée pour en rendre la chair plus belle.
REMARQUE
Le langage populaire confond
HISTORIQUE
XIIIème siècle
Tristan, 1859. dans LACURNE: Li rois l'entent, boufe et sospire
XIVème siècle
DU CANGE: « Icelluy Taillefer dist à l'exposant qu'il buffast, et qu'il lui donroit une buffe »
XVème siècle
VILLON: « De ceste vie suys bouffez [fâché] »
XVIème siècle
RAB.: « Ilz deschiquetoyent leur peau pour y faire
AMYOT: « Point ne t'est bien ceste forme seante ; Jette moy là toute fluste bouffante, Et prens en main les armes, sans enfler Si laidement tes joues à souffler »
PARÉ: « La synoque fait paroistre tout le corps comme bouffi et enffé, ce qui a donné occasion à quelques medecins de l'appeller synoque enflante et bouffante »
RONS.: « [Pallas] Bouffante d'ire et d'une forte voix, Comme un tonnerre appeloit les Gregois »
RONS.: « Un seul Bacchus doit se boufer de haine Contre ton isle.... »
MERLIN COCAÏE: « Gaioffe, bouffé, se cholere contre soy mesme »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. et espagn. bufar, souffler ; ital. buffare, souffler et plaisanter. D'après Diez, et selon toute apparence, il faut le rattacher à une onomatopée exprimant le bruit que fait la bouche en soufflant. Bouffer et pouffer sont deux formes d'un même mot.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Enfler, gonfler ses joues en soufflant. Il est familier, et ne se dit guère qu'en parlant D'une personne qui manifeste ainsi la colère dont elle est animée. "Bouffer de colère."
Il se dit plus ordinairement De l'effet de certaines étoffes qui se soutiennent d'elles-mêmes, et qui, au lieu de s'aplatir, se courbent en rond. "Une étoffe qui bouffe. Du ruban qui bouffe."
Il se dit, en termes de Maçonnerie, Du plâtre qui gonfle, et D'un mur qui pousse en dehors ou qui boucle.
Il se dit également Du pain, lorsqu'il enfle dans le four, par l'effet de la chaleur.
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Enfler les joues exprès et par jeu. En ce sens il n'est guère d'usage.
On dit d'Un homme fâché, et qui marque sa colère par la mine qu'il fait, qu'"Il bouffe de colère". Il est du style familier.
Il s'emploie plus ordinairement pour signifier Un certain effet que font les étoffes qui se soutiennent d'elles-mêmes, et qui au lieu de s'aplatir, se courbent en rond. "Une étoffe qui bouffe. Du ruban qui bouffe".
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Enfler les joues exprès & par jeu. En ce sens il n'a guère d'usage.
On dit d'Un homme fâché, & qui marque sa colère par la mine qu'il fait, qu'"Il bouffe de colère." Il est du style familier.
Il s'emploie plus ordinairement pour signifier un certain effet que font les étoffes qui se soutiennent d'elles-mêmes, & qui au lieu de s'aplatir, se courbent en rond. "Une étoffe qui bouffe. Du ruban qui bouffe."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
ou BOUFER, v. n. Enfler les joûes exprès et par jeu. En ce sens, il n'a guère d'usage. = En style famil., on le dit d'un homme qui marque sa colère par la mine qu'il fait. 'Qu'a-t-il pour "boufer" de la sorte? Il "boufe de colère". = Il s'emploie plus ordinairement en parlant des étofes et des ajustemens: Ruban, étofe qui "boufe". Voy. BOUFFANT.
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Verbe |
Enfler la bouche & les joües. Il est bas.
Il se dit mieux & plus ordinairement des estoffes qui s'enflent quand elles sont employées; par exemple le satin, quand on en fait des robes. "Voilà une chemise qui bouffe, une garniture de rubans qui bouffe".
Emplacement dans le dictionnaire :
| boue boûe bouée bouette boueur boueux bouffant | bouffe bouffée bouffi bouffir bouffissure bouffon | bouffonner bouffonnerie bouge bougeoir bouger bougette bougie |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Edmond ABOUT (Le Roi des montagnes)...que tu as témoigné le désir de lire : fais-les prendre à la douane par nos amis de la rue d'Hermès. Tu recevras par la même occasion le bracelet que tu demandais et cette machine d'acier pour faire bouffer les jupes de tes robes. Si ton piano de Vienne n'est pas bon, comme tu me le dis, et qu'il te faille absolument un instrument de Pleyel, tu l'auras. Je ferai un ou deux villages après la vente des...
Citation n°2 de Théophile GAUTIER (Albertus ou l'Âme et le péché)
...innamorata, couchée autant qu'assise sur un moelleux divan, jeta, comme surprise, un petit cri d'enfant, quand Albertus entra ; puis, - prenant d'un coup d'oeil les conseils de la glace, refit bouffer sa manche et remit à leur place quelques rubans mutins. - jamais la signora n'avait été mieux mise ; elle était adorable, en état d'amener une recrue au diable, autant que femme au monde, et même...
Citation n°3 de Edmond de GONCOURT (Charles Demailly)
...palpitants. Puis elles se ratifèrent, s'aidant l'une et l'autre, remontant leurs robes, rajustant leurs guimpes. Un moment La Ninette se pencha sur La Crécy pour tapoter ses volants et faire bouffer ses dentelles ; Demailly à ce moment la regardait : il la vit qui, en se penchant, prenait entre ses dents serrées la grosse perle noire de La Crécy, pour essayer si la perle était fausse. -vous...
Citation n°4 de BERNARDIN DE SAINT-PIERRE (Études de la nature : t. 3)
...régnez ! Ils s'occupent de vos plaisirs par toute la terre. Pendant que vous n'êtes occupées qu'à jouir, un lapon va, au milieu des tempêtes, harponner la baleine, dont les barbes serviront à faire bouffer vos robes ; un chinois met au four la porcelaine où vous prendrez le café, qu'un arabe de Moka est occupé à cueillir pour vous ; une fille du Bengale file votre mousseline sur le bord du Gange,...
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